2018-07-09T14:15:28+00:00 juillet 2018|| |

Réinventons la sécurité économique à l’âge du freelancing

La sécurité économique de l’emploi salarié du XXe siècle, c’était un “agrégat” de protections : la retraite, l’accès au logement avec la fiche de paie – tout ce dont les indépendants sont aujourd’hui privés. Heureusement, alors même que la sécurité de l’emploi salarié traditionnel se désagrège rapidement, les freelances sont aujourd’hui en mesure d’inventer et négocier un nouveau “deal”. Et si on pouvait avoir certains des avantages du salariat sans s’infliger le lien de subordination ?

L’emploi salarié qui domine encore notre imaginaire, c’était bien plus qu’un salaire qui tombait à la fin du mois. C’était aussi tout ce qui allait avec : la protection sociale, le crédit bancaire, la promesse de la stabilité et d’un enrichissement continu, la retraite, la protection contre les risques critiques comme les accidents du travail ou la maladie, le comité d’entreprises et ses avantages, une représentation politique, une identité sociale. C’est pour cela que l’emploi salarié s’est imposé comme un pilier essentiel de notre économie au XXe siècle.

Mais ce modèle dominant se désagrège à grande vitesse. Même si ces institutions existent encore, il y a de plus en plus de gens qui en sont exclus.  Ceux qui n’ont que des contrats à durée déterminée. Et ceux qui choisissent de se mettre à leur compte. Notre protection sociale est de plus en plus lacunaire. La pauvreté salariée augmente. De plus en plus de gens, salariés comme freelances, n’ont pas accès au logement dans les grandes villes faute de pouvoir brandir une fiche de paie salariée de trois à quatre fois le montant du loyer.

Dans l’économie fordiste, chaque salarié était lié à son employeur par un contrat implicite : la subordination à l’employeur en échange d’un agrégat d’avantages divers garantissant pouvoir d’achat et sécurité économique. Le travail n’était pas nécessairement épanouissant, et les conditions de travail pouvaient même être aliénantes. Mais l’agrégat que constituait l’emploi salarié rendait cette relative aliénation parfaitement acceptable.

Aujourd’hui, avec la mondialisation, la désindustrialisation, l’automatisation et le déclin des syndicats, le salariat s’accompagne moins souvent des avantages caractéristiques de l’économie fordiste. Les entreprises ne garantissent plus l’emploi à vie. La sécurité de l’emploi est désormais toute relative. Quand le contrat implicite est rompu, il faut en inventer un autre. C’est aussi pour cela que de nombreux actifs refusent aujourd’hui le lien de subordination du salariat : puisque les avantages (la protection sociale, la retraite) ne sont pas garantis, pourquoi accepter les inconvénients (la subordination) ?

Toutes ces choses que nous voyons comme les composants intrinsèques d’un emploi, il n’est pas dit qu’elles restent agrégées ensembles. La désagrégation de l’emploi, cela veut dire que ces éléments pourront être re-agrégés autrement, qu’on pourra les retrouver ailleurs et les combiner de manière différente.

(Nick Grossman, Elizabeth Woyke, “Serving Workers in the Gig Economy”)

La fin de la “loyauté” des employeurs a entraîné une prise d’indépendance des travailleurs eux-mêmes. Les entreprises ont plus de mal à recruter leurs employés. Elles se méfient souvent des nouvelles générations de travailleurs, qu’elles accusent d’être devenus volages et trop exigeants. Elles doivent renforcer leur “marque employeur” pour séduire ces travailleurs qui se comportent un peu comme des consommateurs, toujours à la recherche de meilleures opportunités. Pour certains postes qualifiés, la tâche de recruter et fidéliser est d’autant plus ardue que de plus en plus de talents préfèrent être freelances. Prendre la mesure de cette transformation, c’est apprendre à composer avec ce phénomène-là.

Car aujourd’hui, les freelances sont désormais en mesure de composer un nouvel “agrégat”, où le travail s’accompagne de plus d’épanouissement personnel et de plus d’autonomie. Ce n’est plus à l’échelle d’une entreprise, mais à celle de l’individu, que s’agrègent désormais les différents composants qui garantissent aux travailleurs la sécurité économique et une place dans la société sur le long terme. C’est précisément dans cette logique que s’inscrit Sésame, un nouvel “agrégat” d’avantages qui sécurise les freelances, les protège et les aide à se lancer.

Pensé pour évoluer selon les besoins des freelances à chaque étape de leur carrière, Sésame est un écosystème centré sur le freelance, pour lui donner accès à toute une série de services nécessaires à son activité et à sa vie, à tarif négocié. Au fil du temps, il a vocation à agréger de plus en plus de services et d’avantages. A l’initiative de Malt, Qonto et Alan, il offre déjà les premiers composants essentiels —banque, mutuelle, assurance. Mais nous sommes aussi allés chercher d’autres partenaires pour enrichir cette offre dédiée aux freelances : OpenClassrooms (accès à des formations à tarif négocié), l’expertcomptable.com (création d’entreprise offerte et 2 premiers mois offerts), Novaa Expertise, Copass… Sur une page dédiée, les freelances pourront s’identifier avec leur code Malt et avoir accès à toutes les offres qui y sont proposées.

De nombreux travailleurs ont pleinement embrassé la transformation de l’emploi traditionnel. leur soif d’autonomie, de flexibilité et de sens les a conduit à adopter de nouveaux modèles de travail. Les nouveaux freelances sont désormais en mesure de composer un nouvel “agrégat”, où le travail s’accompagne de plus d’épanouissement personnel, de plus d’autonomie… Tout en leur garantissant plus de protections pour leur faciliter la vie et sécuriser leurs parcours professionnels.